Dans la Bekaa au Liban, des réfugiées syriennes lancent leur radio

Dans le cadre de notre projet MicroCamp Radio et équipés d’un studio radio mobile, nous nous sommes rendus dans la région de la Bekaa au Liban, pour participer à la création d’une antenne locale avec des femmes réfugiées syriennes. Après une semaine d’ateliers, elles ont diffusé en direct leur propre émission de radio depuis les locaux de l’association Women Now for Development. La première d’une série de podcasts dans lesquels elles abordent les sujets de leur choix, de la vie quotidienne dans les camps à leurs rêves d’avenir.

Microcamp radio est une radio itinérante portée par l’association française Radio Activité. Nous proposons un outil pédagogique pour permettre à tou.te.s de créer leurs propres émissions radio et de bénéficier d’un moment de rencontre et de discussion apaisée. Depuis 2016, nous organisons des ateliers auprès de personnes réfugiées et déplacées dans différents pays : Grèce, Irak, Jordanie, Arménie…

L’an passé, une première collaboration engageante avec Women Now for Development nous a donné envie de renouveler l’expérience, cette fois-ci en laissant un studio radio mobile sur place. Le studio circulera entre les villes de Chtoura et Majdal, à la frontière avec la Syrie où se situent les deux centres libanais de Women Now For Development. Cette association, fondée en 2012 par l’écrivaine syrienne réfugiée en France Samar Yazbek, dispose également d’un centre en Syrie (Idlib) et permet aux femmes syriennes et libanaises de retrouver une confiance en elles à travers des actions « d’empowerment ».

Les femmes réfugiées font partie des populations les plus vulnérables sur la route de l’exil. Aux difficultés de reconstituer une nouvelle vie à l’étranger s’ajoutent des violences de genre. Ces dernières années, elles sont nombreuses à avoir quitté la Syrie pour le Liban (qui accueille toujours plus d’un million de réfugiés syriens, malgré le lancement d’une politique du retour par la Sûreté Générale), seules ou avec leur famille. Beaucoup vivent dans les camps de la Bekaa, au pied de la chaîne de montagnes qui sépare les deux pays.

Nos ateliers ont réuni une trentaine de femmes de 13 à 60 ans. À l’exception de quelques unes, qui ont étudié le journalisme en Syrie sans pouvoir le pratiquer à cause de la guerre, la plupart n’avaient jamais fait de radio. Grâce à des activités ludiques inspirées des principes de l’éducation populaire, valorisant la participation, l’écoute active et l’implication du corps, elles ont appris à animer leur propre émission, à réaliser des interviews, à éditer leur production et à la diffuser sur les réseaux sociaux.

Dès le début, nous avons veillé à ce qu’elles s’approprient le studio radio afin qu’elles puissent poursuivre le projet en toute autonomie. Ce studio a été spécialement conçu et fabriqué pour elles par Mathieu Eymeoud étudiant de l’école parisienne de design et création industrielle (ENSCI). Il est solide, léger et se compose d’une table de mixage, d’un ordinateur et de micros. L’exigence d’une utilisation simple et intuitive de l’outil a guidé chaque étape de la création.

Deux émissions ont déjà été réalisées et diffusées, elles s’appellent : « La voix des syriens » et « La voix de l’espoir » . Il y est question des violences faites aux femmes, des difficultés d’accès au système éducatif libanais et de l’importance du recyclage…  Elles sont disponibles sur la page Facebook de Women Now For Development et sont suivie en premier lieu par les habitant-e-s des villes syriennes d’Idlib, de Damas et la diaspora syrienne dans le monde.

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