Au collège Jorissen à Drancy

13 et 20 mars 2018

Nous sommes avec les 4ème C du collège Jacques Jorissen à Drancy au nord de Paris, en banlieue.


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Mesdames Berger & Lerouge, deux enseignantes du collège racontent…

Chaque jour apportait son lot d’interrogations en classe : « Mais si la femme a suivi un inconnu et s’est fait violer, c’est un peu de sa faute, non ? Et quand il y a une matraque, est-ce que c’est un viol ? C’est quoi le féminisme ? Pourquoi c’est pas cool de faire des compliments dans la rue ? » Visiblement l’actualité centrée autour des violences faites aux femmes mettait la classe en ébullition. Nos élèves avaient besoin d’un espace de réflexion et d’expression. Cent questions plus tard, nous avons monté un atelier radio avec Radio Activité!

Jeudi 8 mars : ce jour aurait été parfait, mais rien n’est si simple. La journée internationale des droits des femmes ne sera pas le jour de notre premier atelier radio. Chose miraculeuse néanmoins, tout est allé vite : contact, organisation et financements. Le sujet est dans l’air !

Mardi 13 mars : les micros sont en place, la salle 107 et le CDI se sont transformés en deux mini studios pour chaque groupe de 12 de la 4eC. Les élèves encore sceptiques arrivent un à un et s’installent aux côtés d’Antoine et d’Alice. Les intervenant·e·s sont fort·e·s, très fort·e·s : les langues se délient vite. Un premier tour de table, micro éteint, leur permet de raconter leur premier souvenir radio : l’évocation de la musique sur la route des vacances les pousse à prendre la parole, à rire, à s’interroger les un·e·s les autres. Deuxième tour avec les micros allumés cette fois : on apprend à bien tenir les deux micros, à poser sa voix, à se les passer sans faire de nœuds (complexe quand on est 12 autour d’une table avec deux mètres de fil…) et surtout on prépare un jingle. Et enfin, l’émission ! On se croirait vraiment en studio tant les groupes sont concentrés sur leur objectif : faire une émission autour de la question de la place des femmes dans la société. Nous, les adultes, on l’a vécu comme une parenthèse enchantée. C’était génial de voir les élèves s’interroger les un·e·s les autres, veiller à la répartition de la parole, revenir sur des sujets et essayer de faire avancer des discussions pourtant complexes (et de façon bien plus respectueuse que ce que l’on peut parfois entendre en ce moment…).


Quand la sonnerie retentit, c’est l’enthousiasme général, avec une légère frustration et l’envie de recommencer. Les journalistes en herbe disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés, appel de l’estomac oblige, mais le sujet est loin d’être clos ! Et c’est tant mieux.


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