Live from Bersive-2 camp

September 7th 2017.

Today, the radio workshop takes place in Bersive-2 Camp.
Bersive camp is close to the city of Zakho, not far from the border with Turkey.

This camp hosts  9,000 internally displaced people who used to live in Ninewa Governorate. Most of them are Yezidis who left Sinjar during the 2014 massacre, when ISIS attacked the region. Very few of them have come back since. Here in Bersive and in the other camps around Duhok, they have a safe place to live. Humanitarian aid is provided by many NGOs. Displaced people can also work, but they remain far from the nearest town, with few possibilities of integration outside the camp. Perspectives of return are also very uncertain as the Sinjar region is still unstable, and the symbol of traumatic events for the Yezidi people.

L’image contient peut-être : ciel, nuage, plein air et nature

More than 12 participants are waiting for us when we arrive. They have been chosen because they are particularly interested in the media. We are in a big prefabricated building, a community centre managed by the NGO Qandil.

We discuss together about radio and what is dear to them, what seems important to be shared in a radio broadcast. Participants say they would love to interview personalities. They mention the Minister of Education,  the Mayor of Sinjar – to understand why they cannot go back to their town yet – or institutions delivering education and healthcare services. Among the topics most discussed are education, the future of young people, and gender equality, with questions such as how should a mother educate her child, should girls be allowed to drop out school…

The temperature has increased and  voices come from everywhere around Shvan, our translator. Now, nearly all the participants feel like speaking, sometimes interrupting others. We feel that everyone would need more time to talk, but with a big group, it is not easy to let everyone speak personally.

To make everyone more comfortable, we divide participants into two groups.

      • Walima, Reem, Walid & Rokan talk about about Education in this broadcast

 Here in English

  •  
    • And here in Kurdish

    • Rayli, Natifa, Oussef, Bassima & Leyfe create a broadcast about forced marriage of children

Here in English

And here in Kurdish 

11/09/17 – Avec les personnes chrétiennes déplacées d’Ashti-2, Ainkawa, Erbil

Le camp d’Ashti 2 est un camp chrétien, géré par l’Eglise en la personne de Père Emmanuel. Celui-ci veille sur ses 5000 habitants qui ont été déplacés lors de la prise de Mossoul et de Karakoch par l’Etat islamique. Lors de la victoire de Daesh à Mossoul en 2014, les chrétiens persécutés se sont d’abord réfugiés dans cette ville chrétienne emblématique. Puis Karakoch a été prise elle aussi. Les communautés chrétiennes ont dû se réfugier plus loin encore, rejoignant les provinces d’Erbil ou Suleymanieh.

Le camp d’Ashti 2, situé dans le quartier chrétien d’Ainkawa à Erbil, les accueille depuis trois ans. Ce village dans la ville paraît calme et pourrait être un village quelconque s’il n’était entouré de grillages. Ses habitants vivent dans des bâtiments en préfabriqué, la plupart ont la climatisation, et le village est composé de boutiques, d’aires de jeux, d’une belle église où chacun se rassemble pour la messe, et d’une école où nous installerons l’atelier radio. Les enfants jouent dans la chaleur du soir, les habitants discutent sur le perron.

Père Emmanuel gère la vie quotidienne de cette petite municipalité. Après une visite de courtoisie, il a accepté d’accueillir l’atelier radio au sein du camp. Cet atelier est spécial, car nous le réalisons en partenariat avec la Radio Al Salam, une radio qui émet au Kurdistan irakien pour diffuser des messages de paix et de dialogue entre communautés. La radio diffusera l’émission en direct sur la FM 94.3.

Hanan, Rami et Kindi, les participants, ne s’attendaient pas à ça en s’installant dans la salle de classe. Ils pensaient faire une initiation à la radio, et non créer une émission de A à Z, en direct qui plus est. Rami s’exclame : « Quoi ! Mais c’est un métier, journaliste ! Si vous voulez une émission, pourquoi ne demandez-vous pas à des journalistes ? » A nous d’expliquer pourquoi nous voulons les entendre directement, et l’intérêt de l’atelier… Après quelques discussions, les voilà plutôt enthousiasmés à l’idée de créer leur émission, et le sujet est pris au sérieux.

C’est la première fois que nous diffusons en direct à la radio, notre installation technique doit se complexifier. Après quelques tâtonnements dans les branchements, interrompus par le ronronnement du générateur et les interventions impromptues des habitants du camp… nous voilà en direct !

Le thème de l’émission fait l’unanimité : ils parleront du retour. Mossoul comme Karakoch ont été libérés il y a quelques semaines. La question du retour se pose avec acuité, et avec difficulté. Les villes ont été détruites et pour la plupart, ils savent qu’ils ne retrouveront pas leur maison, ni leurs proches. Rentrer, c’est retrouver sa terre natale mais aussi se confronter au souvenir de la guerre. C’est aussi venir dans une région où les perspectives d’avenir sont incertaines, et où le dialogue entre communautés a été durement affecté par la guerre. Comment vivre ensemble après ces traumatismes ? C’est le sujet de l’émission sur le retour,  à écouter ici en arabe et français et sur www.radioalsalam.com 

21/08/2017 – Open House / Refugees of Tbilisi (EN)

We are at Open House, a community centre for refugees in Tbilissi managed by the UNHCR.

Refugees who come here are from Iraq, Syria, Egypt or Pakistan. Their narratives are very different, but they now have one common point: they live in Georgia, temporarily or for good.

They come at Open House to learn Georgian language and get administrative help. They also find here a comfortable & friendly place where they can meet Georgians as well as other refugees.

Today, a lot of people are interested in the radio workshops. We split in two teams and create two broadcasts:

    • “New Life”, a program about family, education, and food across the cultures

      •  “Human Rights’, a program about being a refugee in Georgia, to listen here :

19/08/2017 – Chez Kometa, réfugiée tchétchène

18 au 20 août 2017.

MicroCamp Radio est dans la vallée de Pankissi, à 70 kilomètres de la frontière avec la Tchétchénie (Russie). Bien que sur le territoire géorgien, nous sommes dans un îlot tchétchène. A Pankissi habitent les réfugiés ayant fui l’administration russe en Tchétchénie. Ses habitants parlent tchétchène et sont musulmans. Les femmes portent le voile et une petite mosquée est située à une extrémité du village, ce qui contraste avec le reste du pays où prévaut le christianisme orthodoxe.

Kometa nous accueille durant deux jours à Duisi, dans la maison où elle vit avec ses filles. Elle est partie de Tchétchénie en 1999, il y a 17 ans, avec sa fille de trois ans. A son arrivée, elle s’est engagée très tôt auprès de la communauté tchétchène en tant que professeure, puis employée de l’ONG Kakheti Regional Development Foundation qui aide les réfugiés et leurs enfants à retrouver un quotidien stable.

Kometa accueille régulièrement chez elle des étrangers français, américains, bangladais… car « les Tchétchènes sont accueillis partout à l’étranger, je ne fais que rendre la pareille ! ». Ses voisins voient d’un œil intrigué les étrangers qui viennent passer quelques jours dans ce village traditionnel & conservateur. Prévenante, elle nous demande donc de porter des vêtements longs et de ne pas nous éloigner.

Sa première fille, Jaïna, a pu retourner en Tchétchénie un mois l’année dernière grâce à son passeport russe. Fariza n’a pas eu cette chance car la délivrance d’un double passeport était une faveur temporaire accordée par le gouvernement géorgien. Kometa, elle, n’a jamais remis les pieds dans son pays natal.

Pendant deux jours, nous vivons chez ces femmes exilées et pourtant enracinées dans leur existence. Nous enregistrons avec elles une émission de radio lors de notre dernier soir. Plongez dans le quotidien des réfugiés tchétchènes de Pankissi avec une émission mère-fille de Kometa et Jaïna, à écouter ici.

 

Tbilissi, avec les usagers de drogue accompagnés par New Vector/Médecins du Monde

17.08.2017

MicroCamp Radio est au centre d’accueil de l’association New Vector, qui œuvre auprès des usagers de drogue à Tbilissi. Les usagers sont accompagnés par des pairs rencontrés à l’association. C’est un lieu de rencontre et de chaleur. Chacun vient et vaque entre le salon et le jardin, prend un thé,  discute…

Nous nous installons sur les canapés et commençons avec l’évocation des souvenirs de radio. Bribes.

Giorgi. « J’entendais la chanson des mille roses à la radio, c’était toujours la même, au moins 10 fois par jour. » Et chacun se met à chanter en chœur Million Alyh Roz : « milliona milliona rosa…. Iz akna, iz akna, iz akna… »

Continuer la lecture de « Tbilissi, avec les usagers de drogue accompagnés par New Vector/Médecins du Monde »

Galina, Tina & Tsiouri – Shavshebi, Géorgie – Radio Espoir

C’était le 15 août 2017…

Nous sommes à Shavshveli, une communauté de déplacés proche de Gori. Nous installons l’atelier radio dans la récente crèche, fermée pour les vacances. Quatre femmes, Galina, Tina, Maya et Siouri nous accueillent. Après la première appréhension, les langues se délient progressivement et évoquent la guerre et les soucis quotidiens.

Elles souhaitent parler de la résolution des conflits en Géorgie et du chômage qui les affecte toutes. Elles ont commencé leur vie à zéro en arrivant ici, ont dû trouver des petits boulots, à l’usine ou à domicile. Tsiouri élève des poulets, et donc se lève très tôt le matin : « comme ça, j’écoute la radio à un moment où personne n’est réveillé ! »

Elles sont inquiètes pour les jeunes et évoquent un enfermement. Certains disent-elles ne quittent jamais le village et restent entre eux sans trouver d’occupation.

Le quotidien de ces femmes est dur: se chauffer, se nourrir, payer ses factures sont des défis quotidiens. Mais Tina, Maya, Galina et Siouri veulent parler de « l’espoir d’un avenir meilleur », cette émission sera donc nommée Radio Espoir.

Sergo & Khvtiso déplacés à Gori en 1992 suite à la première guerre d’Ossétie du Sud


C’était le 15 août 2017,

Aujourd’hui, MicroCamp Radio vient réaliser un atelier radio avec des personnes déplacées de Géorgie originaires de l’Ossétie du Sud.

Nous sommes à Gori, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation avec cette région occupée par la Russie et qui revendique son indépendance. La Russie a envahi l’Ossétie du Sud à deux reprises – en 1993 et en 2008 – causant l’exil de centaines de milliers de personnes. Ces personnes vivent depuis dans des villages et communautés de l’autre côté de la frontière, dans l’attente sans fin du retour.

Nous sommes accueillis dans le centre social pour personnes déplacées géré par l’association Consent ; Sergo et Khvtiso, habitués du lieu, s’assoient avec nous. La discussion commence par des souvenirs de radio… qui évoquent d’autres souvenirs, et un autre temps : celui de l’Ossétie, de l’URSS et du quotidien à l’ère soviétique.

Quelques paroles hors-antenne avant l’émission…

Sergo : « Quand j’avais 10 ans, je tendais un fil entre un radiateur et ma langue pour capter la radio. Je captais Radio Moskva (Moscou), il n’y avait que de la musique ringarde. Dans les années 90, on habitait dans les cuisines car c’était le seul endroit de l’appartement où il faisait chaud, il n’y avait pas de chauffage. On y faisait tout, dans les cuisines : dormir, faire les devoirs… Mon grand-père lui avait une radio rouge sur quatre pieds, imposante, je n’avais pas le droit d’y toucher. »

Khvtiso : « En 2003, le centre communautaire avait sa propre chaîne de radio. Je coordonnais quelques programmes, je me souviens qu’une émission racontait des histoires aux enfants le soir pour qu’ils s’endorment. »

Sergo : « Ma passion, c’est les meubles. C’est venu à 13-14 ans, il était nécessaire de créer dans les conditions de vie à l’époque. Notre appartement était tout cassé, je me suis mis à bricoler. J’ai ouvert mon atelier ensuite, car c’était dans les meubles que j’étais le meilleur. C’était comme ça à l’époque: on ne faisait pas vraiment de choix, on trouvait plutôt des manières de survivre. Pourtant, les relations étaient chaleureuses. Aujourd’hui, même si les conditions de vie sont plus faciles, nous avons perdu cette chaleur.

Nous avons gagné la liberté, mais en perdant sa qualité.

Khvtiso : « Je ne suis pas d’accord avec toi. Au contraire, sous le régime soviétique, nous ne pouvions que faire, tandis qu’aujourd’hui les jeunes ont la possibilité d’accomplir, de se réaliser.

Il a lui aussi envie de nous interroger, et – ce qui nous surprend – sur les fables et les mythes. Est-ce que les fables et mythes en France créent l’identité française ? Est-ce que l’on s’identifie à Jeanne d’Arc ?… Que pense-t-il de notre identité aujourd’hui, de notre rapport à l’immigration ?… nous tentons de répondre, et lorsqu’on lui demande pourquoi il nous pose ces questions, il nous dit : « les rêves, les fables sont intouchables. Ils sont la mesure de la liberté de quelqu’un, et d’une société ».

La discussion est lancée et se poursuit avec les micros sur le déplacement, le rapport à leur région quittée, leurs relations et leurs espoirs de retour A écouter dans cette émission !

 

 

14/08/2017 – Programmes à venir

Next Programs

Tuesday 15th August broadcast from the camp of displaced people of Gori with IDP Women Association « Consent »
Saturday 19th August broadcast from Pankissi valley with chechen refugees and Kakheti Regional Development Foundation (KRDF)
Monday 21st August broadcast at Open House, center for integration of refugees of  « Open House » UN Refugee Agency in Georgia

Programmes à venir

Mardi 15 août émission depuis le camp de déplacés de Gori avec l’ONG IDP Women Association « Consent »
Samedi 19 août émission depuis les montagnes de Pankissi avec l’ONG Kakheti Regional Development Foundation (KRDF) qui travaille auprès des réfugiés tchétchènes
Lundi 21 août émission le centre d’intégration des réfugiés « Open House » de The UN Refugee Agency in Georgia

02/08/2017 – Géorgie / Georgia

English below

Microcamp Radio est en Géorgie.

Suite aux guerres avec les deux régions sécessionnistes d’Abhazie et d’Ossétie du Sud, plus de 250 000 personnes sont « déplacées » en Géorgie. Certaines ont dû fuir il y a plus de 25 ans, lors de la période post-soviétique, d’autres après la guerre de 2008 avec la Russie.

Ces personnes vivent désormais en Géorgie pour une durée indéterminée, mais leur retour dans les régions sécessionnistes est peu probable au vu des relations actuelles entre la Russie et la Géorgie: la Russie empiète chaque jour un peu plus sur le territoire géorgien et les frontières des régions sécessionistes sont fermées aux personnes déplacées.

Elles vivent dans des centres collectifs dans les villes, ou dans des maisons construites rapidement avec l’aide humanitaire internationale après la guerre de 2008 le long de la route entre Tbilissi, la capitale, et Gori.

Nous allons réaliser l’atelier avec l’ONG Consent, qui agit auprès des déplacés vivant dans un camp de Gori. L’atelier se tiendra dans un centre socio-culturel. Il permettra aux personnes déplacées de s’exprimer ensemble.

Microcamp Radio ira ensuite dans la Vallée de Pankissi, dans les montagnes du Caucase où habitent des réfugiés tchétchènes.

Restez à l’écoute pour entendre leurs paroles, avec les prochaines émissions Microcamp Radio !

Microcamp Radio is in Georgia.

The wars with the secessionist regions of Abkhazia and South Ossetia caused the displacement of more than 250 000 people in Georgia. Some of them had to leave their homes more than 25 years ago, the others after the 2008 war with Russia.

Today, they live in former collective centers in towns, and in houses built with humanitarian aid along the road from Tbilissi to Gori, south of Ossetia. Some of these buildings are in very bad condition.

We will hold the workshop in partnership with the NGO Consent, with inhabitants of a settlement close to Gori, in a cultural center. IDPs will be able to express themselves collectively.

Microcamp Radio will then go to Pankissi Valley, in the Caucasus, to meet Chechen refugees and work with Kakheti Regional Development Foundation (KRDF)

Stay tuned to hear their voices in the next Microcamp Radio broadcasts !

23/06/2017 – Annecy, Justice sociale

Calais, 5 juin 2017 – Le respect

Nous intervenons dans le Centre d’Accueil et d’Orientation d’Annecy, qui accueille 90 personnes en attente de l’examen de leur demande d’asile. Le CAO offre un environnement stable et protecteur qui contraste avec celui de Calais. C’est une image des relations apaisées entre accueillants et accueillis, qui nous permet de passer un moment d’échange riche avec les participants.

Amir, Souleymane et les autres choisissent, pour cette émission, le thème de la justice sociale. Y a-t-il une justice sociale à Annecy ? Au Soudan ? A Calais ? Qu’est ce qui la caractérise ?… Leurs parole et leurs réflexions à écouter ici.