De l’autre côté du micro – Perrine

Chaque mois, à travers la newsletter, nous vous proposons d’aller à la rencontre d’un·e bénévole de Radio Activité.

Quelques mots sur Perrine

On retrouve Perrine à la fin de l’été, elle a fait un emploi saisonnier à Marseille où il faisait “très très très chaud” et où elle a vendu du Savon Marseille “du vrai de vrai”. Elle commence une formation de journaliste à Paris après avoir fait des études de lettres et de sciences sociales avec un Master en recherche d’anthropo-sociaux et travaillé deux ans dans l’enseignement et l’éducation. Elle revient d’une année en Allemagne où elle était assistante de langue avec des collégiens et lycéens pour essayer d’apprendre la belle langue française. Elle vogue entre Marseille, l’Allemagne et Paris où elle a grandi.

Raconte nous tes débuts à Radio Activité…

J’ai découvert Radio Activité il y a deux ans, le co-fondateur est un très bon ami de la cousine d’une amie. Un jour il est venu boire un jus avec nous et on a papoté, on a parlé de son asso et ça m’a tout de suite parlé car c’est un moment où je me suis rendue compte que la radio me plaisait beaucoup et je m’en suis rendue compte pendant le confinement. Je me faisais chier comme pas mal de monde, un des trucs qui m’a aidé c’est de m’enregistrer, de faire mon petit podcast, et ça m’a vachement plus. 

Je me suis rendue compte que c’était le média dans lequel j’avais grandi, il y a toujours la radio à la maison plus que la musique par exemple. Le rapport à la parole est un rapport qui me plait beaucoup. Je sature très vite de l’image, j’aime beaucoup la voix. C’est aussi un des moyens qui me permet de mieux retenir les choses. Il y a un coté conte et mise à distance, comme quand on fait des photos en noir blanc qui crée tout un imaginaire un peu plus, plutôt que comme une vidéo et l’écrit. Il y a quelque chose d’intimiste qui me plait la-dedans.

Il parlait de ses ateliers et j’ai tout de suite eu envie de participer. Et c’est Radio Activité, si tu en as envie tout se met en place très vite. Assez vite, j’ai intégré les ateliers à Marseille, hyper bien accueillie dans un environnement hyper ouvert. Mes premiers ateliers étaient au Secours Catholiques. Puis j’en ai fait au Méditerranée Sans Frontière avec des mineurs non accompagnés par la suite. Avec un pote j’ai monté un atelier dans un centre social vers la Joliette. Et aussi des ateliers dans des centres sociaux à l’Estaque. Donc j’ai rencontré des participant·e·s très varié·e·s, des enfants, des jeunes ados, des mineurs non accompagnés, des femmes plus âgées que moi. Avec les enfants, on a créé un conte. L’idée était de lire un conte péruvien. L’expérience était trop belle. 

Quel atelier t’a marqué ?

On a fait des ateliers avec les ados à l’Estaque sur le féminisme. C’est les premiers ateliers que je menais seule, ça ne s’est pas passé comme je l’avais projeté, c’est souvent le cas. Très vite les adolescentes se sont livrées à des sujets plus intime, du coup au lieu d’avoir de grande considération sur le féminisme, l’oppression et l’émancipation, ce qui ne leur parlait pas du tout. Elles en sont venues à parler de leur quotidien, du coup j’étais plus dans une gestion de la parole, comme dans tout débat elles n’étaient pas d’accord entre elles, elles étaient virulentes. J’ai arrêté le boîtier car l’enjeu était qu’elle parle, qu’elle écoutent le point de vue des unes et des autres. Parce qu’elles partagent à la fois des points de vue difficiles et elles s’appropriaient cet endroit que entre nanas qu’elles avaient pas souvent eu pour partager et en même temps elles n’étaient pas d’accord entre elle car c’est un âge où tu construis des idées et tu peux entrer en confrontation. C’était une expérience super riche car j’ai dû apprendre à improviser et fixer des priorités. C’est intéressant les ateliers peuvent devenir des lieux de dépôts de paroles et moi je ne suis pas psy, ni thérapeute et je me suis retrouvée face à des témoignages dures, il faut trouver le juste milieu entre encadrer une paroles et lui laisser l’espace d’être dite, c’est l’enjeu des ateliers : créer des espaces où la paroles est accueillie. Et à la fois on se rend compte qu’il y a des limites, on ne peut pas recevoir toute parole comme si on était des spécialistes du soin et de la santé mentale, parce que ce sont des vraies compétences que la plupart des bénévoles de RA n’ont pas.

On s’est demandé avec Radio Activité comment rappeler qu’il y a un cadre en posant des limites tout en maintenant une ouverture pour accueillir la parole.

Je trouve ça super intéressant de réfléchir à des endroits où tu peux parler.

Qu’est-ce qui te plait dans l’animation d’ateliers  ?

Que tu permets des temps et des espaces où la parole de chacune est reconnue à part égale avec d’autres et on est pas dans la récolte de paroles, on laisse les gens maîtres de ce qu’ils disent. Je trouve que le cadre apporte de la valeur à ce que disent les gens, c’est pas simplement discuter autour d’un café (même si c’est important aussi) mais le fait de ce dire qu’il va y avoir un podcast ou une capsule, ça donne de la valeur à la parole et ça permet d’échanger

J’ai aidé une jeune élève de la seconde chance à écrire un podcast sur ces « dys », dyscalculie, dyspraxie et elle disait qu’elle était très fière d’avoir trouvé un moyen d’en parler

A l’avenir avec Radio activité j’aimerais bien explorer le format entretien, une conversation fleuve où tu te donnes aussi, d’autres publics je pense que les questions de santé de mentale liées à des questions politiques.

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