Derrière le micro – Eloïse

Chaque mois, à travers la newsletter, nous vous proposons d’aller à la rencontre d’un·e bénévole de Radio Activité.

Quelques mots sur toi

Je suis chargée de projet associatif auprès de Elan interculturel, je mets en place des activités éducatives et je participe à la rédaction de manuel pour les professionnels qui souhaitent répliquer ces activités. J’ai commencé à être bénévole pour Radio Activité il y a 4 ans. 

Ce que tu aimes à Radio Activité

Je n’aurais jamais imaginé faire de la radio parce que je n’aime pas trop la prise de parole en public. Je suis assez introvertie et la radio pour moi était quelque chose de réserver à des experts, des gens qui s’expriment bien, qui synthétisent leur propos, qui sont percutant mais en même temps subtiles… *rires* ce que je n’imagine pas être. Donc ça ne m’avait jamais vraiment intéressée, mais j’ai fait plusieurs ateliers et en ayant vécu le processus par moi-même j’ai trouvé que c’était justement un moyen aussi d’apprendre à prendre possession de la parole, à s’émanciper, à s’exprimer et que la radio peut être un outil émancipateur et aussi un moyen de prendre le pouvoir quelque part. Et en plus en tant que formatrice, c’est intéressant de créer plein de formes de savoir différents et de mettre en évidence ce que tout le monde a en lien avec son expérience, à des savoirs qu’on exprime sous différentes forment, donc je trouve ça chouette d’avoir et d’entendre parler plein de façons différentes, plein d’accents, plein de vocabulaires, plein de référentiels différents et que ça ne soit pas toujours la même chose qu’on entend. Après ça m’intéressait d’utiliser la radio, alors j’ai monté le projet Snap pour parler des questions de genre, de sexualités, pour pleins de raisons, notamment  que les femmes sont moins sensibilisées à se mettre en avant, à s’exprimer en public et souvent quand j’assistais à des moments de réflexions collectives qui étaient sous forme de plénière je remarquais que c’était souvent les hommes qui s’exprimaient le plus, qui parlaient plus fort, qui avaient l’air plus assurés et de convaincre les foules. Ainsi, j’ai trouvé que la radio c’était intéressant pour ça. Et pour les questions de sexualités, j’ai toujours l’idée que l’intime est politique et que la radio est un bel outil pour rendre ces sujets moins tabous. 

Les ateliers qui t’ont marquée

J’ai fait plein d’ateliers dans plein de contextes différents, j’ai du mal à choisir. Ce que je trouve chouette c’est quand on a le temps d’accompagner certains publics sur du long terme, et qu’au début les participant·e·s ont du mal à s’exprimer, qu’ils.elles sont timides et à la fin ils.elles ont complètement oublié le micro et ils.elles lâchent tout, comme ça je trouve ça chouette de voir l’évolution.

Je me rappelle d’un atelier à Lavrio en Grèce où on était dans un camps Kurde. A notre arrivée, les participant·e·s ont complètement refusé la forme d’atelier et ont dit « on n’a pas besoin de vous, on va faire notre atelier », ils.elles ont pris les micro et ils.elles ont fait leur atelier en kurde, c’était assez radicale mais drôle. 

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